
Introduction
J’adore My Hero Academia.
À première vue, c’est un shonen de super-héros : des pouvoirs impressionnants, des combats épiques, une école prestigieuse.
Mais très vite, l’œuvre dévoile une richesse bien plus profonde.
Derrière ses couleurs vives, le manga explore l’héroïsme sous toutes ses formes, critique ouvertement un système gangrené par l’apparence et la peur, et interroge le poids des héritages — qu’ils soient symboliques, traumatisants ou écrasants.
Et au fil des arcs, une idée s’impose :
My Hero Academia parle de héros, mais surtout… de nous.
De notre société. De ses paradoxes. De ses injustices.
I. Contexte de l’œuvre
Dans un monde où 80 % de la population possède un Alter, la société a professionnalisé l’héroïsme. On ne protège pas les gens par vocation : on passe par une école, des agences, des classements, des contrats.
Au centre de cet édifice se tient All Might.
Un homme devenu symbole, pilier, mythe vivant.
Et lorsque son pouvoir disparaît, le vernis se fissure :
• perte de confiance collective,
• montée du crime,
• xénophobie envers certains mutants,
• institutions dépassées,
• radicalisation de groupes entiers.
C’est précisément dans ce chaos que l’œuvre révèle sa véritable profondeur.
II. Analyse des thèmes principaux
⭐ 1. L’HÉROÏSME : l’humanité avant tout
Le manga montre que l’héroïsme n’a rien à voir avec la force brute.
C’est un mélange d’empathie, de responsabilité, de sacrifice… et parfois, de douleurs invisibles.
1.1 All Might — le symbole qui cache un homme brisé

All Might incarne la paix, la force, le sourire.
Mais c’est un homme qui a tout donné, jusqu’à son propre avenir.
Sa scène face à la mère de Deku — lorsqu’il s’agenouille — est l’une des plus humaines du manga.
Le symbole tombe.
L’homme se révèle.
Et il n’a jamais été aussi héroïque.
1.2 Deku — l’enfant qui porte trop

Deku reçoit un héritage trop lourd pour un adolescent.
L’arc “Dark Deku” montre jusqu’où le système pousse ses héros :
jusqu’à l’isolement, l’épuisement, la perte de soi.
Lorsque des civils refusent de l’accueillir à Yuei pour “leur sécurité”, le choc est total.
Un héros prêt à mourir pour sauver des gens qui ne veulent plus de lui.
Illustration parfaite d’une société ingrate.
1.3 Kacchan — la plus grande évolution humaine

Kacchan est l’un des personnages les plus justes du manga :
un garçon complexé, violent, mais sincère.
Sa reconnaissance envers Deku, son mea culpa, sa remise en question profonde…
Il incarne l’idée que l’héroïsme, c’est aussi apprendre à se regarder en face.
Endeavor représente ce qu’il aurait pu devenir s’il n’avait pas changé.
Un avertissement silencieux, mais puissant.
⭐ 1.4 Ochaco Uraraka — la compassion comme force

Ochaco incarne la forme la plus pure et sous-estimée de l’héroïsme :
voir la souffrance que personne ne veut voir.
Dès l’enfance, elle pose une question fondamentale :
> “Qui aide les héros ?”
Elle ne voit pas des symboles.
Elle voit des humains.
Lors de l’arc “Dark Deku”, elle s’oppose seule à une foule pour défendre un garçon épuisé que tout le monde veut rejeter.
Une scène d’une force émotionnelle immense.
Ochaco rappelle que l’héroïsme n’est pas une question de puissance,
mais de cœur.
1.5 Aizawa-sensei — l’héroïsme sans projecteurs

Sous son air sévère, Aizawa-sensei est l’un des héros les plus humains.
Il protège, observe, guide, soutient.
Il reconnaît la valeur de ceux que le système ignore, notamment Shinsô.
Il est la définition même de l’héroïsme discret :
celui qui n’a pas besoin de reconnaissance pour exister.
1.6 L’héroïsme du quotidien
Kirishima, Momo, Jirô, Shōji, Koda…



Beaucoup d’élèves incarnent une forme d’héroïsme humble :
courage personnel, fragilités surmontées, soutien offert sans attendre en retour.
Un exemple emblématique :
lors de la bataille contre les hétéromorphes, Shōji et Koda se dressent face à une foule radicalisée.
Pas pour se battre, mais pour apaiser.
Pour comprendre.
Pour tendre la main.

Ce sont ces moments silencieux qui rappellent que l’héroïsme n’est pas un statut.
C’est un choix.
Un effort.
Une empathie sacrifiée.
⭐ 2. LE SYSTÈME : une société malade, obsédée par l’image et le contrôle
Si MHA parle d’humanité, il parle tout autant d’un système défaillant.
Un système qui sélectionne mal, valorise mal, protège mal.
2.1 L’apparence avant la compétence
Le monde des héros fonctionne comme une industrie :
• caméras,
• classements,
• contrats publicitaires,
• agences,
• notoriété.
On préfère un héros “vendeur” à un héros efficace.
2.2 Shinsô Hitoshi — victime d’un système qui ne comprend pas la valeur

Hitoshi possède un Alter d’une puissance stratégique exceptionnelle.
Pourtant, il est rejeté parce que son pouvoir n’est pas “impressionnant”.
Test d’entrée biaisé, critères absurdes…
Il montre que le système héroïque confond spectacle et efficacité.
2.3 Hawks et Lady Nagant — les agents sacrifiés
Pour garder la façade propre, la Commission confie les tâches les plus sombres à des héros malléables.
• Hawks, conditionné dès l’enfance.

• Lady Nagant, brisée après avoir exécuté des missions moralement insoutenables.

Le système ne protège pas ses héros :
il les utilise, puis les jette.
2.4 Stain — le miroir brutal de l’hypocrisie

Stain est un criminel, mais il n’a jamais été fou.
Il voit ce que la société refuse d’admettre :
• héros narcissiques,
• agence marketing,
• dérive du statut,
• perte de sens,
• hypocrisie institutionnelle.
Il juge durement…
mais avec une lucidité glaçante.
Il reconnaît les vrais héros :
Deku, All Might… même Iida, plus tard.
Stain est le produit du système.
Pas une anomalie.
2.5 Les civils ingrats — la crise de confiance

La scène où des civils refusent d’accueillir Deku résume toute la contradiction de la société :
> Elle exige des héros parfaits,
mais ne veut pas assumer la réalité de leurs sacrifices.
Cette séquence fait partie des plus violentes émotionnellement du manga.
⭐ 3. L’HÉRITAGE : mission, traumatisme et domination
L’héritage est un thème central de MHA :
ce que l’on reçoit, ce que l’on porte, ce que l’on transmet…
et parfois, ce qui nous détruit.
3.1 One For All — un héritage vivant

Le One For All n’est pas un Alter.
C’est une chaîne de volontés, de sacrifices, de mémoires.
Deku hérite d’une mission, pas d’une simple puissance.
C’est un héritage spirituel.
3.2 All For One — l’héritage toxique

Là où le OFA libère,
le AFO enchaîne.
Shigaraki n’hérite pas d’un pouvoir :
il hérite d’une emprise,
d’un destin volé,
d’une déshumanisation progressive.
3.3 La famille Todoroki — l’héritage qui détruit

Endeavor, obsédé par son idéal, brise son foyer :
• Rei brisée,
• Shoto façonné,
• Toya transformé en Dabi.
C’est l’une des tragédies les plus réalistes du manga,
et l’un des meilleurs arcs familiaux du shonen moderne.
3.4 Ingenium / Iida — héritage mal compris, puis reconstruit

Iida imite son frère sans comprendre son idéal.
Stain le confronte à ses contradictions,
et cette humiliation devient sa renaissance.
Quand Stain reconnaît plus tard son évolution,
c’est l’une des validations les plus fortes du manga.
⭐ IV. Impact sur le lecteur
Ce qui rend My Hero Academia si touchant,
c’est sa capacité à refléter nos propres questions :
• la fatigue,
• l’impression de ne jamais être assez,
• le poids des attentes,
• le besoin d’être utile,
• la pression sociale,
• les systèmes injustes,
• la difficulté d’aider dans un monde cynique.
Les personnages sont faillibles,
et c’est précisément pour ça qu’ils nous marquent.
Horikoshi parle d’héroïsme…
mais il parle surtout d’humanité.
⭐ Conclusion : My Hero Academia est le miroir de notre société
Plus l’histoire avance, plus cela devient évident :
• Le culte de l’image → nos réseaux sociaux.
• Les héros produits par les agences → nos entreprises.
• Les civils ingrats → l’opinion publique.
• L’effondrement après All Might → notre dépendance aux “grands hommes”.
• La discrimination des hétéromorphes → nos préjugés modernes.
• Stain → la radicalisation née de l’hypocrisie sociale.
• Les héritages traumatisants → les charges que nous portons tous.
My Hero Academia n’est pas un simple divertissement.
C’est un miroir, parfois brisé, mais terriblement sincère.
Et malgré tout…
> Dans un monde imparfait, certains continuent de tendre la main.
Ceux qui doutent, qui tombent, qui se relèvent.
Ceux qui choisissent d’être humains avant d’être puissants.
Ceux-là méritent vraiment le nom de “héros”.
C’est pour ça que j’adore My Hero Academia.
Pas pour ses coups spéciaux.
Mais pour son humanité.
