One Punch Man, My Hero Academia et Mashle : quand le système décide de la valeur humaine

Quand le système définit la valeur humaine.

Introduction

Sous leurs dehors de mangas de combat spectaculaires, One Punch Man, My Hero Academia et Mashle racontent en réalité la même chose : des individus confrontés à un système qui décide de leur valeur.
Classements, diplômes, pouvoirs, reconnaissance publique… ces mondes ne sont pas si éloignés du nôtre. Ils fonctionnent comme des sociétés de la performance, où exister signifie être validé par une structure.
Comparer ces trois œuvres, c’est donc observer trois façons différentes de critiquer ce modèle.


Points communs

Dans les trois séries, le héros ne lutte pas seulement contre des ennemis, mais contre un cadre institutionnel.

Les mondes sont organisés autour de règles claires :

• une association de héros qui classe et rémunère,

• une école qui forme l’élite et distribue la légitimité,

• un régime magique qui décide qui a le droit de vivre.

Chaque protagoniste est une anomalie dans ce système.
Saitama est trop fort pour être pris au sérieux.
Midoriya commence sans pouvoir dans un monde qui ne jure que par eux.
Mash a un corps sans magie dans une société qui la considère comme une preuve d’humanité.

Tous posent la même question :

> que vaut un individu quand il ne correspond pas aux critères imposés ?


Différences majeures

One Punch Man attaque le système par la satire.
La hiérarchie des héros est une caricature de la bureaucratie moderne : les plus visibles montent, les plus efficaces stagnent. La valeur réelle n’a aucune importance si elle ne peut pas être mise en scène.
Le manga montre un monde où la reconnaissance est déconnectée du réel, exactement comme dans nos entreprises ou nos réseaux sociaux.

My Hero Academia adopte une approche plus sociale et politique.
La société des héros fonctionne comme une industrie de l’image. On fabrique des symboles rassurants pendant que ceux qui ne rentrent pas dans le moule sont marginalisés. Les vilains ne sont pas juste des criminels : ils sont souvent les produits d’un système qui n’a pas su les intégrer.
Le manga suggère que la violence naît moins des individus que de la structure qui les exclut.

Mashle pousse la logique jusqu’à l’extrême.
Dans son monde, ne pas avoir de magie équivaut à ne pas avoir de droit d’exister. Le système n’est plus hypocrite, il est brutalement honnête : seuls les “bien nés” méritent de vivre.
Sous son humour absurde, Mashle décrit une société de sélection pure, où la hiérarchie est justifiée par la naissance et non par l’effort.


Impact respectif

Ces trois approches provoquent des effets différents sur le lecteur.
One Punch Man fait rire, mais laisse un goût amer : il révèle l’absurdité de systèmes qui prétendent être justes tout en récompensant le spectacle plutôt que la compétence.
My Hero Academia touche davantage par l’empathie : il montre le prix humain d’une société qui sacralise ses élites et oublie ses laissés-pour-compte.
Mashle, enfin, choque par la simplicité de son message : quand un système repose uniquement sur la “valeur de départ”, il n’y a plus de morale, seulement une mécanique de domination.


Conclusion

Pris séparément, One Punch Man, My Hero Academia et Mashle sont trois mangas de combat très différents. Pris ensemble, ils forment un triptyque étonnamment cohérent sur notre époque.
Ils racontent tous, à leur manière, que les sociétés qui mesurent la valeur humaine par des chiffres, des dons ou des classements finissent par perdre ce qui fait l’humain.
Derrière les super-pouvoirs et les gags, ces œuvres parlent de mérite, d’exclusion et de reconnaissance — autrement dit, de nous.


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